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Aperçu de l'arrêt

ORDONNANCE N° 7 du 04/11/2020

 

CONSEIL D'ETAT

 

SANS OBJET

REQUETE N° CE-2020-026 S/EX DU 30 MARS 2020

 

ORDONNANCE N° 7

KONAN YAO BERENGER ET AUTRE C/ MINISTRE DE L’EMPLOI ET DE LA PROTECTION SOCIALE

 

AU NOM DU PEUPLE IVOIRIEN

 

 

MONSIEUR YAO KOUAKOU PATRICE, PRESIDENT

 

CONSEIL D'ETAT

     

 

 

LA JURIDICTION PRESIDENTIELLE,
                                     

Nous,         YAO Kouakou Patrice, Président du Conseil d’Etat ;

Vu       la requête, enregistrée le 30 mars 2020 au Greffe du Conseil d’Etat sous le numéro CE 2020-026 S/EX, par laquelle monsieur KONAN Yao Bérenger, né le 26 mai 1978 à Djamalabo, Sous-Préfecture de Yamoussoukro, téléphone 05 80 85 48, 57 46 72 27 et madame KONAN Ahou Félicité épouse KOUAME, née le 20 septembre 1979 à Abidjan, Koumassi, téléphone 07 38 58 49, 03 51 20 95, tous délégués du personnel et membres du Syndicat Autonome des Travailleurs Unis des Laboratoires OLEA dit SATULO, affilié à la Centrale Syndicale Union Nationale des Travailleurs de Côte d’Ivoire dite UNATR-CI, ayant élu domicile au siège social de ladite Centrale Syndicale, sise à Abidjan, Yopougon, Sideci, lot n° 7047, sollicitent, du Conseil d’Etat, le sursis à l’exécution d’actes administratifs suivants délivrés par le Ministre de l’Emploi et de la Protection Sociale :

- la décision n° 03404/MEPS/CAB-1/DGT du 24 décembre 2019 infirmant la décision n° 841/MEPS/DGT/DIT/S-C du 22 juillet 2019 de l’Inspecteur du Travail de Cocody rejetant l’autorisation de licenciement, pour perte de confiance, de monsieur KONAN Yao Bérenger, Assistant Assurance Qualité et délégué du personnel ; - la décision n° 03405/MEPS/CAB-1/DGT du 24 décembre 2019 infirmant la décision n° 1107/MEPS/DGT/DIT/S-C du 25 septembre 2019 de l’Inspecteur du Travail de Cocody rejetant l’autorisation de licenciement, pour perte de confiance, de madame KONAN Ahou Félicité épouse KOUAME, Chimiste et délégué du personnel ;

Vu       les actes attaqués ;

Vu       les autres pièces du dossier ;

Vu       les réquisitions écrites du Procureur Général près la Cour Suprême, parvenues le 14 mai 2020 au Greffe du Conseil d’Etat et tendant à l’incompétence du Président du Conseil d’Etat ;

Vu       le mémoire du Ministre de l’Emploi et de la Protection Sociale, parvenu le 31 janvier 2020 au Greffe du Conseil d’Etat et tendant au rejet de la demande de sursis ;

Vu       la loi n° 2018-978 du 27 décembre 2018 déterminant les attributions, la composition, l’organisation et le fonctionnement du Conseil d’Etat ;

            Considérant qu’employés par la société OLEA et, par ailleurs, délégués du personnel, monsieur KONAN Yao Bérenger et madame KONAN Ahou Félicité épouse KOUAME ont refusé, au terme d’une formation des travailleurs de l’entreprise, de signer la lettre d’engagement au respect des règles de bonnes pratiques de fabrication de produits pharmaceutiques ;

            Qu’après la demande d'explication adressée à chacun d’eux, la société OLEA a, le 24 juin 2019 et le 03 septembre 2019, saisi l’Inspecteur du Travail de Cocody de demandes d’autorisation pour leur licenciement ; que par décisions n°s 841/MEPS/DGT/DIT/S-C du 22 juillet 2019 et 1107/MEPS/DGT/DIT/S-C du 25 septembre 2019, cette autorité a rejeté les demandes ; 

            Que, saisi par la société OLEA d’un recours contre ces décisions, le Ministre de l’Emploi et de la Protection Sociale a, par décisions n°s 03404/MEPS/CAB-1/DGT et 03405/MEPS/CAB-1/DGT du 24 décembre 2019, autorisé les licenciements ;

            Qu’estimant illégales ces décisions, monsieur KONAN Yao Bérenger et madame KONAN Ahou Félicité épouse KOUAME ont, le 30 mars 2020, saisi le Conseil d’Etat aux fins de surseoir à leur exécution, après des recours gracieux des 20 et 22 janvier 2020 ;

            Considérant qu’aux termes de l’article 59 de la loi sur le Conseil d’Etat « lorsqu'il apparaît, au vu de la requête, que la solution est d'ores et déjà certaine, le Président du Conseil d'Etat, le Président de la Section du Contentieux ou le Président de la chambre saisie peut, par ordonnance… constater qu'il n'y a pas lieu de statuer, notamment sur une requête sans objet… » ;

            Considérant qu’il résulte des pièces du dossier que, par lettre n° 0198/LO/ ECC/OY/12/19 du 31 décembre 2019 la société OLEA a licencié monsieur KONAN Yao Bérenger et, à la même date, madame KONAN Ahou Félicité épouse KOUAME pour perte de confiance ; que, les décisions dont le sursis est sollicité ayant été déjà exécutées, la requête est devenue sans objet ; qu’il n’y a pas lieu à statuer ;

O R D O N N E

Article 1er :   la requête n° CE 2020-026 S/EX du 30 mars 2020 de monsieur KONAN Yao Bérenger et de madame KONAN Ahou Félicité épouse KOUAME est sans objet ;

Article 2 :      les frais sont laissés à la charge du Trésor Public ;

Article 3 :      une expédition de la présente ordonnance sera transmise au Procureur Général près la Cour Suprême et au Ministre de l’Emploi et de la Protection Sociale.

                                                                                                                                             Donnée en notre Cabinet, le 04 Novembre 2020

                                                                                                                                                                    YAO Kouakou Patrice