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Aperçu de l'arrêt

ARRET N° 300 du 27/07/2022

 

CONSEIL D'ETAT

 

REJET

POURVOI N° 2016-136 SOC DU 17 MARS 2016

 

ARRET N° 300

SYNDICAT DES RETRAITES DU CHEMIN DE FER DE COTE D’IVOIRE DIT SYRECFER-CI C/ - LA SITARAIL - LE LIQUIDATEUR DE LA SOCIETE IVOIRIENNE DU CHEMIN DE FER DITE SICF - ETAT DE CÔTE D’IVOIRE

 

AU NOM DU PEUPLE IVOIRIEN

AUDIENCE PUBLIQUE ORDINAIRE DU 27 JUILLET 2022

 

 

MONSIEUR YAO KOUAKOU PATRICE, PRESIDENT

 

CONSEIL D'ETAT

     

 

 

LE CONSEIL D'ETAT,

 

Vu     l’arrêt n° 666/17 du 23 novembre 2017, par lequel la Chambre Judiciaire de la Cour Suprême, saisi, par exploit d’huissier enregistré le 17 mars 2016 au Secrétariat Général de la Cour Suprême sous le n° 2016-136 SOC, d’un pourvoi en cassation formé par le Syndicat des Retraités du Chemin de Fer de Côte d’Ivoire dit SYRECFER-CI, représenté par monsieur Guédé Gbi, son Secrétaire Général, ayant pour Conseil Maître J. Ahuimah, Avocat près la Cour d’Appel d’Abidjan, y demeurant, Treichville, rue 38, Arras 4, immeuble BICICI, 1er étage, téléphone 21 24 92 13, 17 boîte postale 471 Abidjan 17, contre l’arrêt n° 025/SOC du 19 juin 2015 de la Cour d’Appel d’Abidjan confirmant le jugement n° 1093 du 18 juillet 2013 du Tribunal du Travail d’Abidjan en toutes ses dispositions, s’est déclarée incompétente et a renvoyé les parties et la cause devant la Chambre Administrative de la Cour Suprême, en ce que l’Etat de Côte d’Ivoire, personne morale de droit public, est partie au procès ;

Vu       l’arrêt attaqué (arrêt n° 025/SOC du 19 juin 2015 de la Cour d’Appel d’Abidjan) ;

Vu       les réquisitions écrites du Procureur Général près la Cour Suprême, parvenues le 17 mai 2017 au Secrétariat de la Chambre Judiciaire de la Cour Suprême et sollicitant le renvoi de la procédure devant la Chambre Administrative pour incompétence de la Chambre Judiciaire ;  

Vu       les pièces desquelles il résulte que le Ministre de l’Economie et des Finances, représenté par l’Agent judiciaire du Trésor, à qui le pourvoi a été notifié le 21 décembre 2020, n’a pas produit de mémoire ;

Vu       les pièces desquelles il résulte que monsieur TIEMOKO Koffi, Expert-Comptable, chargé de la liquidation de la Société Ivoirienne du Chemin de Fer dite SICF, à qui le pourvoi le 21 décembre 2020 et le rapport, le 09 décembre 2021, ont été notifiés par le canal de l’Agent Judiciaire du Trésor, n’a pas produit d’écritures ;

Vu       le mémoire de la SITARAIL, parvenu le 19 janvier 2021 au Greffe du Conseil d’Etat, par le canal de son Conseil le cabinet d’Avocats MENTENON et tendant au rejet du pourvoi ;

Vu       les pièces desquelles il résulte que le Procureur Général près la Cour de Cassation et le Conseil d’Etat, à qui le rapport a été transmis le  06 décembre 2021, n’a pas produit de réquisitions écrites ;

Vu       les observations écrites après rapport du Ministre de l’Economie et des Finances, représenté par l’Agent judiciaire du Trésor, parvenues le 28 décembre 2021 au Greffe du Conseil d’Etat et tendant, au principal, à l’irrecevabilité du pourvoi et, au subsidiaire, à la mise hors de cause de l’Etat de Côte d’Ivoire ;

Vu       les observations écrites après rapport de la SITARAIL, parvenues le 22 décembre 2021 au Greffe du Conseil d’Etat, par le canal de son Conseil et tendant, au principal, à l’irrecevabilité du pourvoi et, au subsidiaire, à son rejet ;

Vu       les pièces desquelles il résulte que le SYRECFER-CI, à qui le rapport a été notifié le 08 décembre 2021 par le canal de son Conseil, n’a pas produit d’observations écrites ;

Vu       la loi n° 94-440 du 16 août 1994, déterminant la composition, l’organisation, les attributions et le fonctionnement de la Cour Suprême, modifiée et complétée par la loi n° 97-243 du 25 avril 1997 ;

Vu       la loi n° 2018-978 du 27 décembre 2018 déterminant les attributions, la composition, l’organisation et le fonctionnement du Conseil d’Etat ;

Vu       la loi organique n° 2020-968 du 17 décembre 2020 déterminant les attributions, la composition, l’organisation et le fonctionnement du Conseil d’Etat ;

Ouï      le Rapporteur ;

Considérant qu’il résulte des énonciations de l’arrêt attaqué que, suivant protocole d’accord du 24 août 1994 conclu avec les deux syndicats des travailleurs  dénommés SYNASICF et SYAC-CI, la Société Ivoirienne des Chemins de Fer dite SICF a procédé à l’ avancement catégoriel de ses travailleurs sans effets financiers ; qu’en prélude à la privatisation du secteur ferroviaire et en raison de l’état précaire de la trésorerie de l’entreprise, il a été convenu, dans ledit protocole d’accord, que ces avancements seront pris en compte pour le calcul des droits des agents appelés à faire valoir leurs droits à la retraite ;

            Que, la SICF ayant été mise en liquidation, certains travailleurs ont été admis à faire valoir leurs droits à la retraite, tandis que d’autres ont été repris par la société SITARAIL, concessionnaire, suivant convention de concession de l’exploitation des transports ferroviaires conclue, le 12 décembre 1994, par l’Etat de Côte d’Ivoire et cette société ;

            Considérant que, le 30 mars 2012, le Syndicat des Retraités du Chemin de Fer de Côte d’Ivoire dit SYRECFER-CI, prétendant agir au nom des agents retraités, des ayants droit des travailleurs décédés et des agents qui ont démissionné de l’organe syndical, a saisi le Tribunal du Travail d’Abidjan aux fins d’obtenir :

- la condamnation de monsieur TIEMOKO Koffi, liquidateur de la SICF, la société SITARAIL et l’Etat de Côte d’Ivoire à leur payer diverses sommes d’argent, notamment, 1.978.053.656 de francs au titre des droits d’avancement consécutifs à la revalorisation des grades sur la période allant de l’année 1989 au 20 août 1995  et 6.000.000.000 de francs au titre d’arriérés de salaires sur la période d’octobre 2002 à décembre 2006 ;

- le remboursement, à ses membres, d’une somme équivalant à 6 % des cotisations des agents ne totalisant pas 15 années de service en 1998 avant la privatisation ;

- la décoration des travailleurs ;  

            Que, par jugement n° 1093/CS1/2013 du 18 juillet 2013, cette juridiction a statué comme suit :

- déclare irrecevable l’action initiée à l’encontre de l’Etat de Côte d’Ivoire et du liquidateur de la Société Ivoirienne des Chemins de Fer dite SICF pour défaut de qualité à défendre ;

- déclare irrecevable pour cause de décès et défaut de qualité à agir des ayants droits, l’action initiée pour le compte de LIGBE DOBA ROBERT, SISSOKO OUMAROU, SESS LEGBEDJI, SEYDOU FOFANA, N’CHO YAO, KRA KOFFI, LIGBE MARIE ROSE BRITO, SISSOKO KHALIFA FILS OUMAROU, KRA KONAN GUY FILS KRA KOFFI, N’CHO ANGE E. FILS DE N’CHO YAO, ACHIE ACHIE NEE KEKE LOGBOCHI, AKA EPSE AKA AMON, AMON LOU N’GUESSAN EPSE GAOUSSOU, BABE YEBLE MERE YEDEI CHRISTINE, BEUGRE BINTCHRA EPSE GNAHORE EVELYNE, COULIBALY TENE KONE, DAGOTCHIE EPSE CHIAYE AGNES, GBRA KOUASSI EPSE KOFFI, GOHOU ADJEHI NEE SERIKPA KOUEHON, KOFFI NYIAMIEN A., KOMENAN DAYERE NEE KADJO MARIE, LOUE KIPRE NEE BLEDE ZAH, N’DRI N’GORAN EPSE KRAMO KOFFI, NAHOUO SILUE NEE POKOU AMOIN, NIONDE NEE GLAHAN HENRIETTE, OUATTARA BARAKISSA EPSE SATRI, OUATTARA MADOGUI EPSE YAYA O., SOUHAINE EPSE OKROU M., TANOH KONAN NEE KANGA AMOIN, TAPE BOABLE PAUL NEE SAKI HOGO N., YOBOUET KOFFI NEE DJEVA AMOIN A., YAVO N’GOU NEE DOFFOU KANOH ;

- déclare irrecevable pour défaut d’adhésion au Syndicat des Retraités du Chemin de Fer de Côte d’Ivoire, l’action initiée pour le compte des nommés GOKE MAKOUA, GORE BI TRA ERNEST, GOUBO MANGA GILBERT, GOUDAKE BLETHE B, GROGUHE GNOLEBA, GROH OUATTARA, GUEDE DJOLO LAMBERT, GUEPIE ODY, HORO ALLASSANE, HUBERT DJOMAN, I ACHI, IBRAHIMA KAMATE, IBRAHIMA KANATE, IBRAHIMA SOUMAHORO, IBRAHIMA SOWO, IDRAHIMA TOURE, IMON AKPEKOU L., ISSA DIARRA, ISSA LINGANI, ISSIAKA COULIBALY, JHON KOUAO, KAFANA DJENEBA, KAH MEBA, KAKOU KASSI ERNEST, KALOU DIEUDONNE, KAMENAN BROU CELESTIN, KAMENAN N'DOUA, KANDE SEGBE, KANHOU BI KUA, KANIN AHOURE, KARABOUE ZODMANA, KARIME KONE, KASSI N’TAKPE YABA, KASSIN ABIN BAMBA, KEITA NEE SALIMATA, KEITA VACABA, KEKE VETO EUGENE, KESSE JEAN PIERRE, KILI DJOLAUD, KLARK BADAUD SECOND, KLI BI DJE, KODJO ADZAKEY E., KOFFI ALLAH, KOFFI AMANI, KOFFI HOUPHOUET, KOFFI KONAN, KOFFI KONAN AMBROISE, KOFFI KOUAKOU, KOFFI KOUASSI, KOFFI KOUASSI, KOFFI N’GUESSAN, KOFFI N’GUESSAN, KOFFI N’ZIAN, KONAN AHOU JEANNE, KONAN ANTOINETTE, KONAN KONAN, KONAN KOUADIO,  KONAN KOUASSI, KONAN N’GUESSAN, KONAN YAO, KONAN YAO ALBERT, KONATE KARIME, KONATE MAMADOU, KONE ADAMA, KONE AHMADOU, KONE IBRAHIMA, KONE IBRAHIMA, KONE KARIME, KONE KATINAN, KONE LAMISSA, KONE TENE, KONE YAMISSA, KONGO KONAN SERVAIS, KONSO KOFFI, KOROKO TAMBA, KOUA EUGENE, KOUADIO BI ZAH, KOUADIO KONAN, KOUADIO KONAN, KOUADIO KOUASSI, KOUADIO KOUASSI HONORE, KOUADIO N’GUESSAN, KOUAHO FRANCOIS, KOUAKOU AHOUTOU, KOUAKOU AMANY, KOUAKOU DJINAN, KOUAKOU HOUPHOUET, KOUAKOU KAN HONORE, KOUAKOU KOFFI, KOUAKOU KONAN, KOUAKOU N’GOIM N, KOUAME ANOUMOU, KOUAME KOUADIO, KOUAME KOUAHO JM, KOUAME MARCEL, KOUASI KOUADIO, KOUASSI ALLOH THEOPHILE, KOUASSI ANTOINE, KOUASSI KOUAME, KOUASSI YAO, KOUTOUA KOFFI,   KRA KOFFI, KRAMO KOFFI, LAHISSI ADJIOLA, LAMINE FADIKA, LANCINA DIARRA, LANCINA DOUMBIA, LANCINA KONE, LASSINA DAO, LOBE DAGO, LOBOUE DIEUDONNE, LOBOUEGUILLAUME, LOPOUABI TRAZIE,  LOUE KIPRE PIERRE, LOUO GNABOTO JOSEPH, M‘BRA ETTIEN, M’BOA DAVID, M’BOBO SIMEON, M’BRA LOUKOU, MALAN DJEDOU, MALAN KASSI, MAMADOU COULIBALY, MAMADOU COULIBALY, MAMADOU DOSSO, MAMADOU KANATE, MAMADOU OUATTARA, MAMADOU TOURE, MAMBO DESIRE, MAMOUROU KONE, MAN KOUA N’TCHI, MANGOU D. DOMINIQUE, MOBIO BOTO ALEXANDRE, MONDON ASSAMANGONA, MONSO DJOMAN ANDRE, MONSO MENEY THEODORE, MORY KOUYALE, N’CHO DJAMA, N’DIE JEAN-CLAUDE, N’DRI KOUAKOU, N’DRI KOUAME, N’GOBA SIMON, N’GOM EL HADJ B, N’GORAN GOSSAN, N GORAN KONAN, N’GUESSAN BI GOLE, N’GUESSAN KODJO BLAISE, N’GUESSAN KOUAME, N’GUESSAN THOMAS,N’GUETTA KOFFI MARCEL, N’WOWO AKEDAN LOUIS, NAHI KESSE MADELEINE ,NAKI ABA FELIX, NANGUY KAGOU JEAN, NCHO ASSI MICHEL, NDA AHIOU JOACHIM, N'DOLI DJABIA,  N'DRI  KONAN, NEAN GUIPIE, NENE BI, NGORAN KONAN, N'GUESSAN AKISSI, N'GUESSAN KOUADIO, YAO PAUL, NIANSOU WADANT, NIAVA FREDERIC, ZIEHI PARFAIT, NTCHO DJEKE, ODI GBAHIA NEE KOPET, U N'TAKPE, OFFA N’TAKPE, OKA ANTOINE, OKON ABBE, OPPOUE, RAGA PATRICE, OUATTARA KARAMOKO, OUATTARA KARIM, OUATTARA NEES., OUATTARA OUSMANE, OUATTARA SALIFOU, OUATTARA TIEGBE, OUATTARA WALAMITIEN, OUMAROU CISSOKO, SAMBA TRAORE, SAMBOLI PASCAL, SANOU DO, SATRI COULIBALY, SEA VINCENT, SEKA EDI, SERIBA EMILE EUGENE, SETIE KOUASSI, SEYDOU COULIBALY, SIAKA COULIBALY, SIAKA KOUMA, SIDIKI KONE, SOBO EZAN, SORO DIOGO, SORO TIEGBE, SOUHAINE DEIGNA, SOUMAHORO MOUSSA, SOUMAHORO NEE CISSOKO, SYLLA BASSIME, TAGO LAZARE, TAHI TANOH PIERRE, TANOH KONAN DENIS, TAPE BOABLE PAUL, TCHIMOU JUSTIN, TCHO KOUASSI, TCHOTCHOE MARCELLIN, TEHOUA KOUA PAUL, TIECOURA KONE, TIEGBE YEO, TNOH KAJO MARUIS, TOHOURI DOGBA BRUNO, TOUNGARA KABA, TOURE DENIS, TOURE NINKITIA, TOURE SOUMAILA, TOURE YENEBI, TRAORE DRAMANE, TRAORE KAONATA, TRAORE MEMON, TRAORE YOUSSOUF, WOGNIN EDOUKOU, YAH KOFFI, YAO, YAO AMANI CLAUDE, YAO DJAN GEORGES, YAO KABRAN YVES, YAO KAN, YAO  KOFFI, YAO KOUAKOU, YAO KOUAKOU JULES, YAO KOUASSI, YAO YAO, YAPI LUCIEN, YAPO KOFFI, YAPO KOFFI, YAPO NAHOGNON, YAVO N’GOU ANDRE, YAYA KONE, YAYA OUATTARA, YAYA TRAORE, YOBOUET OUALE JULIEN, ZIGA ROGER, ZOHOURI YOUZIN, ZOKOU BI GORE SIMEON, ZOKOU JACQUES, ZOKOU NORBERT MARIUS, ZOUMANA DIAKITE, AHOUSSI ASSEMIEN JEAN, NGUESSAN AMON INNOCENT, OUATTARA YACOUBA, SALIMATA TRAORE, ZEHIA GNIME PASCAL, VREROU GUEHI JEANNOT, AGNIMEL CLAUDE A. P et ZADI MAGUI ;

déclare recevable, toutefois, 1’action initiée pour le compte de ABBE EDMOND, ABDOULAYE MOMO, ABOU OUATTARA, ADAMA OUATTARA, ADAMA SISSOKO, ADIKO TOUSSAINT MAXIME, ADJE NMAN, ADJI YIRAHIRI JEAN-JACQUES, AHIMOU ANOMA RICHARD, AHO MAMBO PIERRE, AHOUMAN PIERRE CLAVER, AHUI YAPO, AKA AKAMALAN, AKE DJEHOU ANTOINE, AKONSI KOFFI, AKPADJI EPOSE DONI YOLANDE, ALLANI KOUASSI GEORGES, ALLEGE N’GUESSAN EPSE AHIKPA DOUCROU, ALLUI KOUASSI, AMADOU KONE, AMARA SYLLA, AMELAMAN CHADRAC, ANEY ETTIEN JOSEPH, ANGBRA LOHEI H., ANON N’DA JOSEPH, ASSAMANGOA, ASSIKE AKRE MARC, ATTOUKOULA ASSEMIEN, BABA SAN GO, BAHI  EDOUARD KORE, BAKARY TRAORE AUGUSTIN, BALAHO SILUE, BAYORO YVES, BEUGRE NEPRI JEROME, BIEKOI EPSE KOUASSI AHOU J., BLEI MONEHINON CELESTIN, BRAHIMA MALIKO, CHEF NGBOBA SIMON, CISSE MAMADOU, COULIBALY BADOU, DAGO ZIGRE, DEAHON MABEA, DIA APPOLINAIRE, DIAN KOUADIO, DIARRASSOUBA MOUSTAPHA, DIOGO EHUE FELIX, DJEBRY KOTCHA BERNARD, DJEDJE GBADIE VICTOR, DJIGO BABO ELYSEE, DJOMAN ABOUCHOU J., DJOMAN DJONGON HURBERT, DJOMOH PAULIN, DJORO MANTCHO MATHIEU, DO SORO, DOUMBIA ISSIAKA, DRAMANE KONE, DRAMANEOUATTARA,EBOULE ANGON, EHOUMAN ASSALE AMBROISE, EHOUO REMY, EKRA YOPO BLA, EPEKOU TCHAPA PIERRE, ESMEL ATCHORI, ESMEL ESSAGNE ALEXANDRE, FIESSOU DOGBO LAZARE, FIKO KOFFI, FOFANA MARIAM, FOUSSENI DIAKO, GADJI ZABO ODETTE, GAHOUA DASSE MARCELLIN, GAHOUA ZABI, GALLO PHILIPPE, GBEDJO CASMIR, GNAGNE AKPA PAUL, GNAGNE ALI MEL, GNAMIEN AKA LEONARD, GNIDO SITIONON TIEFFING, GNOWA EFORY, GOKE DOGOUA FELIX, GORE TAGRO, GOUDAKE BLETHE CLAUDE B., GUEDE GBI, GUEHIE KANEHAN LUCIENGUEPIE ODY, GUEKROUGO DAGNOGO, GUESSAN BI GOLE, GUIRE NOEL GOAR, HADAMA DOUMBIA, HOBA DJETOUAN GEORGES, IBRAHIMA KAMANTE, IBRAHIMA KONE, ILLA BASSIME, ISSA DIARRA, ISSA SISSOKO, ISSIAKA FOMBA, ISSIAKA SOUMAHORO, ISSOUFOU KONATE, KADJO ALAIN PLACIDE, KAHOU DAIGNONS PASCAL, KAKOU KAKOU JEAN, KALOU GROGBA PAUL, KAMANAN DJE, KAMATE BOUAKARY, KAMBIRE DJONONTE JEAN, KASSOU DOUMBIA, KASSOUM DOUMBIA, KEKE VETO EUGENE, KLARCK BABAUD SECOND AIME, KOFFI BOHOUSSOU, KOFFI KONAN SOSTHENE, KONAN KOUAME BLAISE, KONAN YAO NEE NGOUAN ADJOUA E., KONATE FATOU, KONATE SALIF, KONE  ABOUDRAMANE, KONE LANCINE, KONE MAMADOU, KONE SIDIKI, KOUABLAN DJEMIN, KOUADIO PARFAIT, KOUAKOU BROU, KOUAKOU KOFFI MARTIN, KOUAKOU KONAN, KOUAKOU KOUADIO, KOUAKOU N'GONIAN, KOUAME AMANI, KOUAME BI NIAMIEN, KOUAME KOUADIO, KOUASSI DIA, KOUASSI GERARD, KOUASSI N’DRI, KOUASSI WEDJE, KOUASSI YAO, KOUASSI YAO MATHURIN, KOUTOUAN SEBRO NATHANAEL, KRANHOU BI KUA, KREGBE DAGO URBAIN, LATH DJIDJA ETIENNE, LEBI ZEGBEHI JEAN, LOUE KIPRE NEE BLEDE ZAH, LOUKOU ZAKO REMY, MAIRE TOURE YENEBI, MAMADOU OUATTARA,  MANGUI ZAD, MANI MIAYOU DAVID, MEAH KOME JUSTIN, MEMEL MELEDJE GEORGES, MENEDA MESSOU EHOUSSOU, MOUSSA GARANGO, MOUSSA KONATE, MOUSSA W, N’DA AGNIN LEONARD, N’DAEHIOU JOACHIMN’DA AGNIN LEONARD, N’DRI KOUADIO, N’GBAGUI GUSTAVE, N’GOLO SORO, N’ZI KONGO MATHIAS, NAKE HONORAT BASSOLE, NANAN YAH KOFFI, NAPOTANH MATHURIN, NCHO AKA SOLANGE, NDOUA ALLA, NGOLO SORO, NGUESSAN BANTY, NKONGON SOUNGALO, NOUHOUN KONE, N'TAYE ROSALIE, NTONDJUI MEANDJU FERNAND, OBRE DJEDJE B., OUATTARA ABDOULAYE, OUATTARA ABDRAMANE, OUATTARA ANZOUMANA, OUATTARA DIEUDONNE, OUATTARA MADIATA, OUATTARA MARUIS, OUATTARA MINDJA, OUATTARA MITANTE, OUATTARA N’DE, OUATTARA SEYDOU, OUATTARA YOUSSOUF, OULAI BATOUAGBEU, OULAI THEODORE, OZIGRE ZIGO LEOPARD, POKOU N’DRI MARCELLIN, SAHIRI LAKOU MATHIAS, SAMAKE YAYA, SAL’OGO DAOUDA, ARAFILOU OUATTARA, SARAKA N’GORAN, SASSO MISSA CONSTANT, SENOU YOBOUET THEODORE, SEPI ZAGO, SESS BEUGRE ZACHARIE, SIAKA SILUE, SIKA COUDJE POTIPHAS, SIRAMANA KONATE, SIRIKI BOUKARI, SONFOLO BAMBA, SORO NOUKOUNA, SOUMAILA DOUMBIA, SYBAHI ZAGBA PAUL, TAGO LAGBRE, TAHIROU AMOMO, TCHIMOU AKPEKOU LOUIS , TEHE BASILE, TIABAGA KONE, TIDIANE SAKO, TIECOURA ANTOINE , TIEMOKO GOGON, TOHOURI GOBE BERNARD, TOHOURY GBALLOU MATHURIN, TOUNGBO KOUADIO, TOURE BAKARY, TOURE FATOUMATA, TOURE IBRAHIMA, TRAORE BEN KALILOU, TRAORE MAMADOU, TRAORE MESSABE,TRAORE SALIMATA, TUO KPONISSOGUI, VANIE JULIEN CLAUDE, YAO KOUAKOU ERNEST, YAO KRA, YAO LOUGA JEAN, YAO N’GORAN, YAO N’GORAN ERNEST, YAO N’GUESSAN ERNEST, YAO SOULEYMANE, YAPI FREDERIC,YAPO CHIA HENRIETTE, YEBOUE KOUASSI GERMAIN, YEO FOUNGA, YEO TIEGBE YOBOUE ASSAOULE, YOBOUET KOFFI, ZOBOU IKPO MOISE, ZOUMANA OUATTARA ;

- déboute le syndicat de ses demandes tendant au paiement des effets financiers des avancements catégoriels et des salaires non payés pendant la période de chômage technique, à l’octroi de décoration aux membres du syndicat et au reversement des  cotisations de retraite ;

            Que la Cour d’Appel d’Abidjan a, par arrêt n° 205/SOC du 19 juin 2015, confirmé le jugement susvisé en toutes ses dispositions ;

            Que c’est contre cet arrêt que le SYRECFER-CI a formé pourvoi en cassation ;

Sur la compétence du Conseil d’Etat

            Considérant qu’aux termes de l’article 41 de la loi de 2018 sur le Conseil d’Etat « le Conseil d’Etat est seul compétent pour statuer sur les recours en cassation dirigés contre les décisions rendues en dernier ressort par les juridictions administratives » ;

            Qu’à défaut de la mise en place effective de toutes les juridictions de l’ordre administratif prévues par la loi susvisée, le Conseil d’Etat est compétent pour connaître des pourvois en cassation dirigés contre les décisions rendues en dernier ressort dans les procédures où une personne morale de droit public est partie ;

            Considérant qu’en l’espèce, l’Etat de Côte d’Ivoire, personne morale de droit public, est partie à la présente procédure ; que, dès lors, le Conseil d’Etat doit se déclarer compétent pour connaître du pourvoi ;

Sur le moyen unique de cassation, en ses quatre branches réunies, tiré
de la violation de la loi ou erreur dans l’application ou l’interprétation
de la loi

            Considérant qu’il est, d’une part, fait grief à l’arrêt attaqué d’avoir mis hors de cause l’Etat de Côte d’Ivoire, au motif qu’il n’était pas l’employeur des ex salariés, alors que, soutient le SYRECFER-CI, la SITARAIL est une création de l’Etat de Côte d’Ivoire qui en est l’actionnaire majoritaire ; qu’il avait même signé, le 23 mai 1990, une convention de substitution de débiteur avec la Caisse Autonome d’Amortissement ;

            Qu’il est, d’autre part, reproché à l’arrêt attaqué d’avoir refusé de condamner la SITARAIL à payer les droits des travailleurs en lieu et place de l’ex SICF aux motifs que la SITARAIL n’est pas partie à l’accord conclu entre la SICF et les syndicats des travailleurs, alors que ce concessionnaire s’était engagé à reprendre certains agents avec les avantages acquis ;

            Qu’il est, encore, fait reproche à l’arrêt attaqué d’avoir déclaré irrecevable l’action initiée pour le compte des ayants droit des membres statutaires du syndicat pour défaut de capacité à agir, alors que, selon le moyen, ce sont les membres fondateurs du SYRECFER-CI qui, unanimement, ont décidé que leurs héritiers seront membres de leur organisation syndicale ; 

            Qu’il est, enfin, fait grief à l’arrêt attaqué d’avoir rejeté les chefs de demande relatifs aux salaires pour cause de prescription, alors que les agents n’ont jamais interrompu leurs différentes réclamations depuis que les salaires sont dus ;

            Que, concluent les demandeurs au pourvoi, en statuant comme elle l’a fait, la Cour d’Appel a « violé la loi » ;

            Mais, considérant que le moyen, en chacune de ses quatre branches, ne précise guère la loi dont les dispositions auraient été violées ; qu’en outre, mêlé de faits et de droit, le moyen est confus et ne permet pas à la Cour d’exercer son contrôle ; qu’il convient de le rejeter comme mal fondé ;

PAR CES MOTIFS

           - Se déclare compétent ;

           - Rejette le pourvoi ;

           - Met les dépens à la charge du Trésor Public ;

            Ainsi jugé et prononcé par le Conseil d’Etat, en son audience publique ordinaire du VINGT SEPT JUILLET DEUX MIL VINGT DEUX ;

            Où étaient présents MM. YAO KOUAKOU PATRICE, Président du Conseil d’Etat, Rapporteur ; KOFFI Kouadio, Mme ETTIA ANNAN Désirée épouse GAUZE, Conseillers ; en présence de Mme OUATTARA Monoboyaga Hortense, Avocat Général ; avec l’assistance de Maître N’GUESSAN Nicolas, Greffier ;

            En foi de quoi, le présent arrêt a été signé par le Président et le Greffier.    

LE PRESIDENT                                                                                          LE GREFFIER